dimanche 19 juin 2016

18 Juin. L'inconnu de St Mars la Jaille !

Jusqu'au bout de mes écrits, je ne sais si vous recevez bien mes messages.
Aussi, aujourd'hui, en route vers mon bout du monde en Bretagne  (merci Isilines !), je réponds au touchant message d'Annick, de St Mars la Jaille.
Un message en forme de "on ne se quitte pas, hein ". Je crois que j'ai encore quelques petites touches à rajouter !

Annick C. a ajouté un nouveau commentaire sur votre article "17 Juin. Le jour d'après !" :

"en cette fin de parcours, j'ose reprendre contact avant la fermeture?de ce blog...

je t'ai suivi, chaque jour, toi l'inconnu d'un soir à st mars la jaille !

je suis admirative, est-ce parce que j'avais besoin de cet appel, de savoir qu'aujourd'hui tout n'est pas vain et qu'il existe des sensibilités, des rencontres qui peuvent apporter du bonheur, tout simplement
martine de la bibliothèque m'a bien fait suivre ton courrier, je t'en remercie

merci paul pour tout ce beau parcours et bon vent "
annick

Annick,
Merci pour ce chaleureux message. Annick, je te confirme que notre rencontre surprise de St Mars reste gravée comme une des pages les plus touchantes de mon voyage. J'en ai gardé une tendresse pour notre conversation aussi rieuse que profonde. Tu auras été parmi les étoiles du Chemin. Un chemin dont je vais encore quelques jours raconter les étoiles.

Ce blog va-t-il se fermer tout de suite ? Je ne sais pas encore. Je suis marqué par tout ce que j'ai vu, reçu, donné aussi, je crois, de beau, sur ces semaines de pérégrination.
De ma culture chrétienne que j'assume, de ma foi en la Vie, d'une foi en un Dieu dont je ne saurai affirmer le visage  (et c'est très bien ! ), de ce que m'ont appris les philosophes de la Mystique et du Taoïsme, je retiens qu'il faut regarder le beau de la Vie, s'en émerveiller chaque jour, que le bonheur c'est. ..aujourd'hui, et qu'il nous faut le choisir comme un art d'être au monde ! Le Chemin m'a renforcé dans ce doux regard. Étonnamment, je m'en sens tout humble, simple et en Paix.
Sur mon blog, j'ai un peu exprimé combien les épreuves de Vie m'ont appris aussi que l'acceptation sereine de ces souffrances fait partie du Chemin de Vie, et que seul à terme l'amour du jour présent  et de l'autre est gage de lumière. 
J'espère, Annick, que je ne parais pas trop "allumé "quand j'écris cela. Je me sais en bien des instants de Vie au contraire bien terre à terre, si ce n'est lourd. La sagesse ça ne vient pas dans l'illumination ou la conversion d'un jour, hein ! c'est du pas à pas, avec toutes les aventures du pas, bonnes et compliquées. C'est bien mon sujet, comme tu vois. Sur ce point les taoïstes me calment et disent, tu t'en doutes, qu'il n'y a pas même besoin de quitter sa maison !

Ce blog va -t-il fermer ? Une autre réponse encore. ...plusieurs des lecteurs et lectrices  (la belle sensibilité des femmes ! )se désolent auprès de moi, du fait du plaisir qu'ils ont pris à ces rencontres méditatives, photographiques, poétiques, et aux instantanés de vie que je relatais. L'on me presse un peu de continuer, voire de publier, de tenir conférence  ou d'en faire une conversion théâtrale (chacun des "on" se reconnaîtra....).
Je ne sais à cette heure. Mais je sais que la tenue des blogs m'a poussé loin dans l'engagement de me dévoiler un peu, loin aussi dans le souci de bien écrire, et de cela il faut que je remercie ceux et celles qui m'ont révélé à moi même cette capacité dans la durée. Dire la beauté de chaque jour est une belle, riche, et exigeante épreuve. Elle a largement approfondi le sens de mes pas !

Annick, j'espère que nous resterons en contact, hein ! Le bonjour aux amies de la Bibliothèque, et quand tu viens  vers le Finistère, ma porte est chaleureusement ouverte. Je t'ai mis mon adresse sur le courrier je crois.
Annick, vraiment merci pour notre merveilleuse rencontre, encore.
Paul




"Sois toujours toi - même ! "
Bon Chemin 

vendredi 17 juin 2016

17 Juin. Le jour d'après !

Plus encore que la journée d'hier, de Fisterra à Astorga en passant par Santiago, c'est celle d'aujourd'hui qui marque notre départ du chemin.

Depuis Astorga, pour rentrer en France, nous longeons longtemps le
Camino Francès. ...Castro Régis, Sahagún, Léon, Burgos, Logroño. ...nous remontons le serpent du chemin sur le plateau de la  Meseta. Ici et là, les silhouettes lointaines de pèlerins, de cyclistes. Nous pouvons présumer approximativement de leurs délais de marche vers Santiago.
L'image nous replonge un peu dans notre propre aventure depuis ces jours où "Santiago c'est bien loin" à ceux où le compte à rebours nous approche imparablement d'un but qui paraissait il y a quelques semaines encore bien hypothétique. Sans doute ces pèlerins matinaux sont ils dans ces dispositions lointaines encore.

Nous rentrons vers le pays basque où nous rejoignons le chemin que nous avons emprunté il y a quelques semaines.
Déjà dans la kyrielle d'images que nous portons, la mémoire fait sa hiérarchie.
Certains noms suscitent immédiatement des images, d'autres  interrogent. ."J'y suis passé, mais je n'ai déjà plus de souvenirs ! "
C'est ainsi ! Le chemin condense, épure. Le coeur organise un récit intérieur dans lequel s'organise un ordre  intuitif  d'émotions, de visages, d'événements.

Santiago garde sa touchante hauteur , ceci étant dit. Ce soir je reçois un mail de Didier qui écrit aux amis du Chemin pour évoquer sa propre arrivée aujourd'hui à Santiago. Didier que nous avions quitté à l'approche de Santander.Beaucoup d'émotions dans son mail. Quelques photos de sa dernière étape aussi. En les regardant je mesure l'effet d'aspiration, d'inspiration , d'allégresse que procure, jours après jours, l'atteinte du but mythique. Allégresse partagée, dans laquelle communient en fraternité les marcheurs de toutes origines. Ce n'est pas juste le terme d'une randonnée. C'est le sommet d'une rencontre de soi et de l'autre. Le temps, les efforts, la fatigue, les blessures, les épuisements . ...les joies, les images sublimes, les rencontres profondes. ...une Humanité en marche, que Santiago accueille depuis des siècles avec ferveur.

Au moment où mon retour vers la France éloigne la sentinelle de Galice, je sens qu'elle me laisse au coeur une touche lumineuse . Dans le musée du diocèse d'Astorga, nous avons pu admirer de magnifiques livres de prières . Peut être est ce là le miracle du Chemin. Un parcours quotidien d'enluminures, et en page d'or fin la prière en la Cathédrale de l'apôtre. Une page tramée au secret de chaque coeur. Une page qui, comme toute enluminure, prend, libre, son propre chemin intérieur...parfois elle illustre, parfois elle magnifie, parfois elle "féérise" , parfois elle crée une autre légende, un autre récit.
Un peu comme ce blog. Récit à plusieurs  tempos, à plusieurs voix, à plusieurs regards, à plusieurs écoutes . ...ceux et celles que le chemin offre, ce que mes sens en retiennent et recueillent, ce que j'en transmets. ...images et pages !


Et le récit d'un pèlerin se fait ainsi toujours unique, au coeur même des mémoires de  la foule des Cheminants du jour.

jeudi 16 juin 2016

Astorga, le musée

Astorga, des images.

16 juin. Santiago, Astorga.

Les grandes traversées trouvent leur port.
Une fois écrite l'aventure qui va vers Santiago et Fisterra, il n'y a pas lieu  (ce serait se mentir à soi même ) de s'inventer de nouvel et immédiat Annapurna ! Et puis, ce n'était pas l'Annapurna !
Non , ce jour est une douce journée de retour vers la normale, dira-t-on !
Un bus dès l'aurore pour rentrer à Santiago .
Une  heure et demie de voyage vers le sanctuaire. Tout l'espace requis pour bâtir les premiers fondements de la mémoire, en retour sur mémoire. "tiens, Negreira ! C'était il y a déjà 4 jours ".
L'approche de Santiago "Tu te souviens ? On est passé sur ce pont en arrivant. Et le rond point, là, je le revois ! "
Un petit retour, en forme de mini pèlerinage, aussi, près de la Cathédrale. C'est un besoin, ce matin, une dernière étape, un dernier salut de pèlerin, que de nous rendre sur le parvis , des fois que. ...
Nous y assistons aux émotions des divers arrivants de l'heure  (10h) , en un rappel ému, touché, et déjà un peu "intégré , de celles que nous avions vécues samedi.
Oui, c'était samedi. ...et dans les arrivants de ce matin, nous reconnaissons des visages que nous avons vus en route. ...mais quand ? Déjà la mémoire fait un peu défaut pour certifier si c'était. ...Gijón ? ...non, Santander ? .....Oh, je ne sais plus ! Loin de nous l'idée d'évaluer l'effort, le "retard "à l'arrivée. A chacun son pèlerinage. Et je sens que chaque pèlerinage est une aventure unique et merveilleuse. Je ne puis ce matin m'empêcher de regarder avec admiration et respect  tous ces marcheurs qui descendent sur la ville  (ah, je ne vous ai pas dit samedi que l'on descend sur la Cathédrale depuis les hauteurs des montagnes environnantes! ). Respect et admiration, oui, pour l'immense communauté fraternelle qui ajoute chaque matin un sourire aux matins du Monde. Ils seront encore plus de mille aujourd'hui !
De cette fraternité mondiale monte chaque jour une prière d'allégresse émue.
Ce chemin, c'est bien sûr ce qui le distingue de toute autre aventure pédestre. ...un chemin qui ne demande pas seulement d'où tu viens ,et où tu vas , mais aussi ( et la question taraude. .) "Pourquoi tu es là ? ".
Et puis, il nous faut bien quitter le sanctuaire magique,prendre la route vers la France.

Allez, une petite étape aujourd'hui  (voiture) , vers Astorga, sur le Camino Francès, à 300m de Santiago. une proposition de Gérard, marqué il y a trois ans par la découverte de la majestueuse Cathédrale.
Eh bien, pour se redonner envie du Camino, il n'y a pas mieux que cette magnifique mémoire patrimoniale et liturgique  (le musée de la Cathedrale d'Astorga est un bijou ! ).
Voilà, il faut dire "au revoir ", il faut en douceur retenir de ces jours les plus beaux, les plus grands, et accepter que la mémoire déjà y fasse oeuvre d'élagage !

mercredi 15 juin 2016

De Cee à Fisterra

Derrière les voeux de Patrice, la dernière étape en poésie. Chaque jour sa poésie !

Le chemin, ce sont tes pas, 
Rien d'autre.
Marcheur , il n'y a pas de chemin. 
Le chemin, ce sont tes pas qui le font. 
Antonio Machado. 
11h, vers Fisterra, le but. 
Le port. 

Le Phare de Fisterra, au bout du Cap.

Allez, florilège d'images au phare de Fisterra. Petite assemblée discrète et  chaleureuse, communiant dans un doux rituel profane de salutation du Bout du Bout.

Aux premiers temps de pèlerinage,
Les limites de connaissance 
Faisaient de ce lieu 
Le début de 
La Tierra incognita et misteriosa.